Préparer la retraite du travailleur non salarié : l’indépendance se construit

Profession libérale, dirigeant, artisan ou commerçant : pour un travailleur non salarié, anticiper la retraite n’est pas une option. L’écart entre les revenus d’activité et la pension future est souvent bien plus important qu’on ne l’imagine et les régimes obligatoires n’en combleront qu’une fraction.

La bonne nouvelle : l’indépendant dispose de leviers que le salarié n’a pas. Patrimum Groupe fait le point.

 

Première étape : le bilan retraite personnalisé

Toute stratégie commence par un état des lieux. Le bilan retraite conduit par un conseiller en gestion de patrimoine passe au crible l’ensemble de votre situation : trimestres et points acquis auprès de vos différents régimes, revenus et fiscalité, situation matrimoniale, patrimoine constitué et projets de vie. De ce diagnostic naît une projection réaliste de vos droits futurs et, surtout, la mesure précise de l’écart à combler pour préserver votre niveau de vie.

Cet écart est rarement anodin. Les indépendants cotisent moins que les salariés, et leurs pensions s’en ressentent : selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), la pension moyenne d’un retraité français s’établit autour de 1 530 € bruts par mois, contre 1 150 € seulement pour un ancien indépendant. Pour un dirigeant habitué à des revenus confortables, la chute peut être vertigineuse si rien n’a été organisé en amont.

Salarié et TNS : deux mondes distincts
Le salarié relève du régime général pour sa retraite de base et de l’AGIRC-ARRCO pour sa complémentaire, avec des cotisations, patronales et salariales, élevées mais génératrices de droits substantiels. Le travailleur non salarié est, lui, affilié à des régimes propres à son activité : CNAVPL pour les professions libérales, CNBF pour les avocats, Sécurité sociale des indépendants pour les artisans, commerçants et industriels, MSA pour les exploitants agricoles. Des cotisations plus légères, donc des pensions plus faibles : la retraite de l’indépendant se joue, pour l’essentiel, dans sa capitalisation privée.

 

Construire une épargne solide : les enveloppes financières

Le Plan d’Épargne Retraite individuel
Issu de la loi Pacte, le PER individuel est devenu l’outil de référence de l’indépendant, il a succédé aux contrats Madelin, désormais fermés à la souscription. Son atout maître : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de plafonds spécifiques aux travailleurs non salariés, sensiblement plus généreux que ceux des salariés. Un exemple simple : avec un taux marginal d’imposition de 30 %, un versement de 10 000 € génère 3 000 € d’économie d’impôt et l’avantage croît avec la tranche d’imposition, ce qui rend le PER d’autant plus pertinent que vos revenus sont élevés. Au dénouement, le capital est disponible en rente, en capital, ou en combinant les deux.

L’assurance-vie multisupport
Complément naturel du PER, l’assurance-vie conjugue souplesse – les capitaux restent disponibles à tout moment – fiscalité privilégiée dans la durée et transmission avantageuse. Le fonds en euros sécurise, les unités de compte dynamisent, avec un niveau de risque qui dépend des supports retenus et de votre horizon. La gestion pilotée permet, si vous le souhaitez, d’en déléguer le pilotage à des professionnels, avec une sécurisation progressive à l’approche de la retraite. Pour les patrimoines financiers plus étoffés, le PEA et le compte-titres complètent utilement la panoplie.

L’entreprise, un levier souvent sous-exploité
La retraite du dirigeant ne se prépare pas seulement à titre privé : l’entreprise elle-même est un formidable outil de capitalisation. Arbitrage entre rémunération et dividendes, versements déductibles sur un PER, épargne salariale et abondements lorsque la structure s’y prête, capitalisation de la trésorerie excédentaire au sein d’une holding : autant de leviers qui permettent de transformer la performance de l’entreprise en patrimoine personnel, dans un cadre fiscal maîtrisé. Un terrain où l’ingénierie patrimoniale prend tout son sens.

 

L’immobilier, pilier de la retraite de l’indépendant

L’investissement locatif s’inscrit pleinement dans une stratégie de diversification : les loyers procurent des revenus complémentaires réguliers, tandis que le bien, s’il est bien situé, se valorise dans le temps. L’atout décisif tient au crédit : financer l’acquisition par l’emprunt permet de constituer un patrimoine avec l’épargne d’effort la plus faible possible, à condition de s’y prendre tôt, idéalement avant 45 ans, pour que le prêt soit remboursé à l’heure de la retraite et que les loyers deviennent alors un revenu net de charges d’emprunt.

Location nue, location meublée non professionnelle (LMNP), SCPI pour une approche mutualisée et sans gestion : chaque formule a sa logique fiscale et patrimoniale propre, à choisir selon votre situation.

La résidence principale, enfin, demeure un placement fondateur : un prêt soldé avant la retraite, c’est la première des charges fixes qui disparaît et un budget durablement allégé au moment précis où les revenus diminuent.

 

L’accompagnement Patrimum Groupe

PER, assurance-vie, stratégie de rémunération, immobilier : c’est l’articulation de ces leviers, bien davantage que chacun pris isolément, qui fait la qualité d’une préparation à la retraite. Nos conseillers construisent avec vous cette architecture d’ensemble, ajustée à votre statut, à votre fiscalité et à votre projet de vie.

Vous souhaitez mesurer où vous en êtes et ce qu’il est encore temps de bâtir ? Nos experts se tiennent à votre disposition pour un premier échange confidentiel.